e 1532 à 1791, la noblesse se subsituera à la
féodalité et les comtes de Montfort n'auront plus qu'une autorité nominale sur le
territoire de leur fief, le roi exerçant les pouvoirs essentiels : monnaie, taille,
armée, justice.
près les turbulences du Moyen-Age, la période qui
s'ouvre sera celle d'une prospérité qu'atteste toujours le tissu urbain d'une ville dont
certains monuments font de Montfort un lieu d'histoire (collection de vitraux, église,
cimetière-charnier). La ville vaut également par la typologie de ses maisons. Elles sont
à l'image de ce qu'entre la Renaissance et le Second Empire, l'Ile-de-France a pu offrir
de plus caractéristique.
l est toutefois juste de souligner qu'avant même que la
guerre de Cent Ans ne soit achevée et après bien des saccages, les travaux de
reconstruction commencèrent dès le règne d'Anne de Bretagne. Elle avait entrepris la
restauration du château en y adjoignant la tourelle de l'escalier qui existe encore (ce
château, même s'il ne fut qu'un donjon, est trop emblématique de Montfort pour que l'on
oublie d'en décrire l'aspect : un octogone irrégulier sur trois niveaux, une largeur
d'une vingtaine de mètres, des murailles de deux à trois mètres d'épaisseur et
approximativement dix-huit mètres de hauteur). On doit aussi à la reine Anne le début
des travaux du choeur de l'église.
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| Porte Renaissance, flan sud |
ais ce sera avec André de Foix, "seigneur
engagiste" de Montfort de 1524 à 1540, que seront amplifiés les aménagements
entrepris sous le dernier règne breton. La porte Renaissance, sur le flanc sud de
l'église paroissiale, bel exemple du goût de l'époque, en étant dédiée à
"l'engagiste" atteste encore d'un attachement justifié.
Rappelons quelques faits :
François Ier qui aimait chasser à Montfort, mourra à Rambouillet en 1547. Son coeur sera déposé aux Hautes-Bruyères, le reliquaire est maintenant conservé à Saint-Denis
Sous le règne de Catherine de Médicis, une nouvelle enceinte avec sept portes, autant qu'à Jérusalem, fut élevée pour entourer la ville. Gabriel de Montgomery, qui était protestant et avait, dans un tournoi, tué par accident le roi Henri II, attaqua Montfort avant de devoir se replier au Bel-Air d'où il partit pour l'Angleterre.
Après la bataille d'Ivry, le 14 mai 1581, Henri IV vint camper sous les murs de Montfort, qui s'était déclarée en faveur du Béarnais. La ville, qui ainsi avait choisi le bon côté, en connaîtra les avantages. Les hôtels particuliers, dont certains sont pourvus d'escaliers en "hors-d'oeuvre", témoignent de ce qu'était l'aisance à cette époque autant que des bénéfices d'une allégeance.
'un gros bourg, Montfort devint à partir du XVIIème siècle
un important baillage dont la juridiction finit par s'étendre sur une soixantaine de
paroisses. La ville, qui relevait du diocèse de Chartres, comprenait une maréchaussée,
des écoles et un grenier à sel (lieu de perception de la gabelle).
ne fois le comté rattaché au royaume, le temps des
Valois fut beaucoup plus bénéfique que ce que l'on a longtemps cru. Il y a eu les
franchises communales de Charles IX (1564). Mesure exceptionnelle de dispense de
l'impôt direct dont les Montfortois, encore peu familiarisés avec les réflexes
citoyens, ont tiré un grand avantage sans en déduire toutes les conséquences. Ils vont
bientôt se désaisir de charges au bénéfice de Mantes et cela à une époque où
Rambouillet en tant que ville n'existait pas. Une défaillance qui a probablement privé
Montfort d'un destin qui aurait dû à terme la conduire à être une sous-préfecture,
Rambouillet ne l'étant devenue que par la décision de Napoléon Ier. Mais
aujourd'hui, doit-on regretter ce manque d'ambition...
enri II faisait reconstruire à Saint-Léger le
château de Robert le Pieux plutôt que de s'intéresser à celui d'Anne de Bretagne,
mais, ce qui est plus important, il avait remis Montfort à Catherine de Médicis. Elle en
fut "Dame" jusqu'en 1568, époque où elle le cèdera à son fils, le futur
Henri III, qui nomma "engagiste" l'inusable duc d'Epernon. On le trouve
encore en charge en 1642, ce qui veut dire que, nommé par les Valois, il régentait
encore sous Louis XIV.
a reine Catherine, qui ne détestait pas d'aller écouter
bramer les cerfs, aimait aussi monter à cheval. Elle eut l'idée de la selle à fourche.
C'est donc à cette reine florentine qui aima la forêt de Montfort que depuis les dames
peuvent monter en amazone !!!
'est également sous les Valois que le cimetière -à
l'origine autour de l'église romane- sera installé où nous le connaissons, tandis que
les travaux d'embellissement de l'église se poursuivaient, même s'ils ne seront achevés
qu'en 1851.
our
ce qui est des conflits religieux du XVIème siècle, les choses se
passèrent plutôt bien. La minorité huguenote pratiquait son culte hors les murs
et en terrain ouvert, dans un verger situé derrière le donjon, terrain qui apparaît
en 1699 sous le nom de "Prêche" dans le parcellaire d'Allegrain. Dans
le souci de, malgré tout, limiter l'emprise de la Réforme, le duc d'Epernon
permit que soit édifié sur les lieux du "Prêche" un couvent de Capucins.
Ce monastère disparaîtra avec la Révolution en même temps qu'était démolie la
chapelle Saint-Laurent des Tours.
partir de 1637, Louis XIV ayant racheté, pour
agrandir Versailles et doté les demoiselles de Saint-Cyr, le duché de Chevreuse. En
compensation les Luynes devinrent duc de Chevreuse-Montfort. Ils exercèrent leur
lointaine tutelle jusqu'en 1789.
propos des questions nobilières, souvenons-nous que sous
les Bretons le comté de Montfort était tenu pour être le premier fief de Bretagne, donc
le second titre du duché. L'héritier des ducs était appelé Monseigneur de Montfort
puisque tenu pour premier dans la seigneurie.
u XVIIIème siècle, le poids économique de
Versailles aidant, l'activité des Montfortois s'orienta vers la culture de la vigne et le
travail du bois : charpente, menuiserie, ébénisterie, faisaient vivre la population,
ainsi que la tonnellerie, des vignes se trouvant sur les côtes aujourd'hui boisées qui,
au sud de la commune allaient de la butte du Moulin à ce qui était alors la Porte de
Paris.

ouis XV, pour faciliter les échanges entre Versailles et
Montfort, octroira une aide pour que la distance entre la Porte de Paris et la route de
Bretagne soit pavée comme l'étaient déjà les rues de la ville.
endant
le Révolution, des Chouans faits prisonniers à Sablé, dans le Perche, seront
enfermés dans la crypte de l'église Saint-Laurent tandis qu'un sabotier devenu
maire de Montfort-le-Brutus applique avec succès les principes de la Terreur
en emprisonnant son monde au château de Groussay (du moins dans l'ancienne demeure,
celle démolie vers 1815 et qui était située là où se trouvent les communs de
la propriété de plaisance que nous apprécions aujourd'hui).
u XIXème siècle, Montfort avait de trop près
connu la Révolution et les conséquences des guerres de l'Empire pour continuer
d'entretenir de l'inclination à l'égard de l'épopée. Les régimes se succéderont et
leur renouvellement sera vécu dans une relative indifférence. En 1814, les armées
alliées qui occupaient pourtant la région ne troublèrent pas grand monde si ce n'est
les troupes écossaises dont les Montfortois déploraient les mauvaises manières ; par
contre, les officiers russes, ouverts à la musique et bons danseurs, étaient appréciés
dans les familles. Après le désastre de 1870, quand le maire de Montfort fit connaître
à ses administrés que le préfet de Seine-et-Oise relevait de l'autorité du roi de
Prusse, cela parut ne présenter qu'une gêne bien relative. Sans s'en être vraiment
rendu compte, la ville était entrée dans sa vocation dernière, celle de la
villégiature.